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Approche féminine du thermalisme au XIX°s.

Ce mois çi nous évoquerons le rôle de femmes dont la modernité, dans l’ approche du fait thermal, favorisa l’évolution du thermalisme dans les Pyrénées . Nous mettrons en lumière l’une des stations thermales les plus anciennes de notre département, Cauterets. La marque de cette influence féminine y est tangible.

Nous nous contenterons de privilégier le début du XIX°s, lequel vit se transformer l’antique relation à la cure salvatrice en un phénomène économique majeur devenu le Tourisme au XXI°s.

Certes nous pourrions parler de Marguerite de Navarre qui dès 1541 fit la réputation de Cauterets en venant y chercher le remède à ses rhumatismes. Il y avait déjà chez elle les prémices de la Réforme protestante, qui fleurira  au XIX°s dans les villes d’eaux.

C’est dans une autre approche de la cure que des femmes vont, dès le début du XIX°s, ouvrir des chemins de libéralisation des corps et des esprits. Il apparait que la pratique liée au pouvoir thérapeutique des eaux , voire à leur valeur divine, laisse place à une intégration du paysage et de l’environnement.

A Cauterets, trois femmes au moins nous permettent de lire cette évolution: la Reine Hortense, George Sand et la Princesse Galitzine.

Eugénie Hortense de Beauharnais, mariée au frère de Napoléon I°, Louis Bonaparte roi de Hollande, aura trois enfants dont le futur Napoléon III ( grand bienfaiteur du thermalisme et du tourisme en Hautes Pyrénées ). Cette année à l’occasion du Tour de France, le col du Tourmalet qui sera à l’honneur, fut intégré par Napoléon III  à sa “route thermale”.

La Reine Hortense dont vous pouvez encore retrouver la grange sur le chemin du col de Riou, fit un séjour à Cauterets dès 1807. Elle venait y apaiser la douleur causée par la mort de son premier fils Napoléon Charles né en 1805 et mort 2 ans plus tard. Le futur Napoléon III fut conçu lors de ce séjour aux Pyrénées, et l’on se pose encore la question du père !!

Ce qui est  frappant dans la démarche de la Reine Hortense, c’est l’utilisation thérapeutique qu’elle fait de la découverte touristique et de la randonnée pédestre. Elle fait une escapade en direction de Lourdes, Pau,  Biarritz et Saint Sébastien ( à l’époque la Vierge n’est pas encore apparue à Lourdes, et Eugénie de Montijo n’a pas encore fait de Biarritz une station balnéaire ) .

Ses échappées en montagne sont aussi novatrices. A la fin du mois de Juillet elle fait ce qui est considéré comme la “première féminine” de la jonction Cauterets- Gavarnie.  Une course de 15h30 ! Dans ses mémoires Hortense qui pratiquait aussi le dessin, parle de son admiration pour  la beauté des paysages rencontrés. On est là dans une vision différente de celle qui faisait de nos montagnes des lieux d’effroi.

La même attitude se retrouve quelques années plus tard chez celle qui ne signe pas encore George Sand, mais Amandine-Aurore-Lucile Dupin et qui en 1825 fit un séjour avec son mari Casimir Dudevant. Rebelle à tout traitement thermal elle fit le désespoir du docteur Labbat qui l’hébergeait . Elle préfère ” courir, monter à cheval, rire d’un rien…”. C’est au cours de ce séjour qu’elle tombe amoureuse d’Aurélien de Sèze,  ” ivresse de bonheur” comme elle dira et annonce d’un nouveau regard sur l’amour. Des Pyrénées, elle écrira qu’elles l’ont ” exaltée et enivrée comme un rêve qui devait me suivre et me charmer pendant des années”. En quelque sorte, une façon de recharger ses batteries. Quelques années plus tard elle lancera la mode de la lionne, habillée en homme, bottée, le cigare à la bouche…

L’année où Flaubert vint à Cauterets (1840) une autre femme allait changer le paysage de la station en s’installant sur ce qui deviendra plus tard le nouveau quartier d’urbanisation. Il s’agit d’une princesse russe de la  dynastie des Galitzine. Elle va faire construire une isba (toujours visible à proximité du Casino ) et  introduire une notion de villégiature dans la cité thermale traditionelle. Bientôt un hameau doté de sa chapelle orthodoxe voit le jour. L’éclectisme de l’architecture va transformer le  village pyrénéen et préparer les grands bouleversements de l’ère industriel sous Napoléon III. L’arrivée du chemin de fer verra naître une architecture hausmanienne qui, masquant la vue superbe du hameau Galitzine, forcera la princesse à quitter les lieux.

Grâce à ces trois femmes, on voit se mettre en place une nouvelle approche du fait thermal qui bientôt intègrera la notion de climatisme (cf la création dans les années 1880 d’Argelès Gazost ), et de tourisme, faisant de la montagne non plus un lieu où l’on vient uniquement pour se soigner, mais un nouveau territoire ludique.

Au XXI°s la valeur marchande du thermalisme se dit: “thermo-ludisme”..

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