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La seconde révolution énergétique

Déjà la neige

    

  L’arrivée du chemin de fer dans notre région a révolutionné les communications, pourtant ce nouveau mode de transport va très vite poser un problème. Dans les Hautes Pyrénées, la réponse à la flambée des coûts énergétiques favorise une mutation industrielle qui voit le  triomphe d’une énergie autochtone: l’eau . Le réseau de chemin de fer,  le canal de la Neste et  la route Thermale (cf article « Toumalet » ), trois  oeuvres majeures réalisées sous le Second Empire, dans notre département, sont à la base de cette révolution.             

 La chute de Napoléon III a favorisé la nauséeuse montée des nationalismes qui se traduit au début du XX°s par une augmentation du prix du charbon. 

La Compagnie des Chemins de Fer du Midi doit se tourner vers une nouvelle énergie, le choix sera celui de  l’hydro électricité. Dès 1910, Jean Raoul PAUL, directeur de cette Compagnie , décide d’adopter le courant alternatif 12 000 volts pour électrifier son réseau. En 1911, les Hautes Pyrénes se trouvent au coeur de cette nouvelle expérimentation qui verra l’électrification de trois voies importantes pour notre futur: à l’Est Arreau- Lannemezan, à l’Ouest Pierrefitte-Lourdes et au centre Bagnères de Bigorre-Tarbes.            

Triomphe de l'hydro électricité

    

 L’ aventure  est stoppée par le début de la première guerre mondiale.  La clientèle naissante du chemin de fer ( thermale, touristique ) se tarit. L’ Etat va prendre le relais des entreprises privées créant, à partir de l’hydro-électricité, une nouvelle phase d’ industrialisation du département ( dès 1871  l’Arsenal à Tarbes, déjà en étroite relation avec le chemin de fer, avait ouvert la voie ).              

   Deux des lignes de chemin de fer nouvellement électrifiées vont servir d’encrage à deux zones industrielles, l’une à Pierrefitte-Soulom et l’autre à Lannemezan. Les besoins de la guerre vont faire de ces sites, des centres de production d’Electro-Métallurgie ( à noter  les précurseurs  en 1906 avec la S.P du Silico-Manganèse de Pierrefitte) et d’Electro- Chimie. Ainsi l’ énergie renouvelable qu’ est l’eau, donne jour à une production de type industrielle.           

  La fin de la guerre voit la Compagnie des Chemins de Fer du Midi reprendre  de façon puissante le développement de l’hydro électricité. Le choix du courant alternatif devait être contrecarré par une décision politique ( non dénuée d’esprit anti allemand ) imposant la norme du courant continu en 1500v. 

Jean.Raoul PAUL se lance alors dans une politique d’aménagement du territoire favorisant à Tarbes l’implantation d’un ensemble industriel capable d’offrir au réseau ferré les matériaux nécessaires à son électrification. Sont installées par la CEF (Constructions Electriques de France)  à Séméac une usine de locomotives, par la CGEC (Compagnie Générale d’Electro Céramique) une usine d’isolateurs et par la CMP ( Constructions métalliques des Pyrénées) un centre d’assemblage de pylônes à Bazet.       

  L’usine CEF de Séméac  représente à la sortie de la guerre l’une des plus remarquables réalisations industrielles de France ( intégrée au groupe Alsthom en 1932 elle l’est toujours en 2011). En 1922 en sort la fameuse E 4002 surnommée « la Madone de l’électricité » qui remorquera le train d’inauguration de l’électrification du tronçon Pau -Montréjeau. Dès 1923 le train roule à des vitesses de 130km/h.           

 Liées au développement du chemin de fer de petites entreprises voient le jour. Citons à Bagnères de Bigorre la maison Soulé qui passe de la fabrication de brouette à  celle de wagons de passagers et  l’ usine Latécoère  qui produit  des wagons de marchandises. La reconversion  de cette dernière dans l’aéronautique lui permettra, après son transfert à Toulouse, d’écrire une des plus glorieuses pages de l’ histoire de l’ aviation. Origine de ce qui place aujourd’hui,  la région Midi Pyrénées  et à sa métropole toulousaine, au tout premier rang  en Europe .             

 La CEF a  également fabriqué des turbines hydrauliques pour l’aménagement des hautes chutes et des centrales. Il s’ agit là aussi d’ une révolution pour nos montagnes qui voient se mettre en place des infrastructures, futurs points de départ des premières stations de sports d’hiver ( Il faut lier ce phénomène à la nationalisation de l’énergie et aux chantiers EDF ).              

  L’ histoire de la métallurgie et de la chimie va connaitre une autre destinée:  la découverte du gisement de gaz de Lacq va induire une reconversion vers ce site d’une majorité de la production et surtout la domination d’une chimie du pétrole.             

  Aujourd’hui la réalité industrielle du département des Hautes Pyrénées reste liée au transport ferroviaire et à  la vitalité du secteur de l’aviation ( Socata) soutenu par la puissante métropole régionale.             

  Rêvons au renouveau d’une si belle épopée. Pourquoi la chimie de la biomasse ne prendrait pas  le relais de la chimie du pétrole? Demain, produire avec  notre environnement rural  l’ « or vert » n’est  ce pas offrir, encore une fois, un autre futur à ce territoire ?

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