Voyage en dynastie Ferrère.
Qu’es aco la dynastie Ferrère? Un lien dans les Hautes Pyrénées entre les XVII° et XVIII° .
Grâce à cette famille Ferrère, pépinière de menuisiers-sculpteurs originaires de la Barousse, nous pouvons suivre dans nos églises, l’évolution du mobilier religieux entre 1650 et 1800. Du style Louis XIV au Néoclassique.
Originaire de Troubat en Barousse, Jean Ferrère ( 1620-1705) fonda la dynastie en installant son atelier à Asté. Très vite il sut se créer dans la vallée de l’Adour et celle d’Aure, une importante clientèle, en proposant une formule relativement nouvelle dans la région, le retable tripartite souligné par quatre colonnes torses et dominé par des éléments sculptés. Auteur d’oeuvres baroques populaires, il s’impose surtout par la qualité et la diversité des éléments décoratifs ( angelots, cartouches, fruits..). Mais c’est surtout dans l’art du tabernacle que Jean Ferrère va laisser les plus belles créations ( GUCHEN, BOURISP, POUZAC).
Son fils Marc ( 1674-1758) lui succède et développe l’atelier. Il maintient la structure architecturale mise à la mode par son père en “collant” aux évolutions des styles parisiens. N’oublions pas qu’au cours de sa vie il connaîtra Louis XIV, la Régence et Louis XV. Mme Legrand spécialiste locale des Ferrère note : ” aux lourdes chutes de fruits et de fleurs se substituent, de minces rameaux au naturel, aux roses le plus souvent des cornets de feuillages enfilés, des branches de lauriers entrecroisées”. Après “cuisine paysanne” du père vient la “cuisine allégée” façon Guérard du fils!!!
Les fils de Marc, Jean II (1718-1795) et Dominique (1723-1808) vont maintenir l’activité de l’atelier d’Asté.
Jean II, tout en continuant la tradition familiale, amorce une évolution de la structure du retable (en particulier à Salles Adour et Auriébat) que son frère après un séjour parisien, va développer en arrondissant le retable jusqu’au baldaquin (Montfaucon, Andrest). Dominique sera aussi le premier à introduire dans cette dynastie de sculpteurs sur bois, l’usage du marbre, dont l’abondance locale n’avait jusque là pas trouvé place dans le mobilier religieux à l’exception notable de la cathédrale de Tarbes.
Bien sûr autour des Ferrère l’émulation va gagner (Soustre, Brunelo..) mais ils resteront les maîtres du retable et du tabernacle local.
Pour retrouver leur trace, nous vous proposons deux formules, soit un simple itinéraire autour de l’atelier permettant de retrouver les quatre artistes cités soit un cheminement spécifique à chacun sur les sites les plus significatifs.
Itinéraire en dynastie: rendez vous à Pouzac où à l’intérieur de l’église vous trouverez un magnifique retable et son tabernacle signé du seul Jean Ferrère. Première étape de la saga. Ensuite allez découvrir en l’église de Campan l’oeuvre la plus achevée de Marc Ferrère. Rejoignez Asté où vous prendrez contact avec la signature de Jean II. Au passage vous pourrez retrouver la maison qui abrita le fameux atelier des Ferrère, avant de prendre la direction d’Orignac sur le plateau de Cieutat où se trouve le baldaquin que Dominique Ferrère avait fait pour le sanctuaire mariale de Médous ( l’église d’Asté possède une Vierge ayant également appartenu à ce sanctuaire).
Itinéraire par artiste . Pour retrouver Jean, visitez les églises de : Guchen , Esparros, Vielle Adour et Pouzac. Avec Marc découvrez Bazet, Caixon, Ponson-Dessus et Campan. Pour Jean II, vous commencez par Asté, Antist, Salles Adour avant de vous diriger sur Auriébat . Enfin pour Dominique nous vous conseillons, Artagnan, Montfaucon, Séméac et Andrest.
Voici quelques belles balades pour cet hiver, elles vous permettront d’avoir en peu de temps une idée de l’évolution du Baroque dans le mobilier religieux de notre beau département.
